Jaguar XJ-S

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XJ-S Coupé

La XJ-S est le modèle le plus diffusé de tous les temps par Jaguar entre 1975 et 1996. Son but n’était pas moins ambitieux que de remplacer la mythique E-Type.

Le modèle est dérivé de la berline XJ qui n’est assurément pas un voiture de sport.  La XJ-S est lourde et confortable et appartient plutôt au monde des GT.

Le « gros chat » était initialement proposé avec un V12 de 5.3L et 285 Ch issu des dernières E-Type. Il y avait au lancement des boîtes de vitesses automatiques à 3 rapports et des boîtes mécaniques à 4 rapports. Ces dernières disparurent dès 1979 après environ 350 voitures construites.

A sa sortie l’essence était vraiment très chère et le V12 très glouton, ce qui n’était pas un contexte favorable pour cette voiture « abordable » dans sa catégorie. En effet, si vous désiriez un V12 vous aviez le choix entre Ferrari, Lamborghini ou Jaguar.

Le V12 5.3 a été optimisé en 1981 et fut appelé « HE » pour High Efficiency. La puissance passa à 295Ch fut sérieusement abaissée (comparée à la situation initiale !!!).

Le 6 en ligne de 3.6L et 220 ch apparait en 1983. Ce moteur est exclusivement accouplé à une boîte de vitesses Getrag à 5 rapports jusqu’en 1987 ou une boîte automatique à 4 rapports est également proposée. Les propriétaires du V12 aiment appeler cette motorisation « le demi moteur ».

Une version targa est proposée entre 1983 et 1988 puis elle est remplacée par un cabriolet.

En 1991, la XJ-S is renommée XJS and restylée par Ford qui est le nouveau propriétaire de la marque Jaguar.

La fin de vie de la XJS arrive en 1996 après 20 ans et 115 413 voitures produites.

Ma XJ-S

Lorsque j’étais ado j’achetais tous les ans le hors série « Toutes les voitures du monde » et cela était mon livre de chevet. La XJ-S faisait partie des voitures qui étaient pour moi irréelles et qui n’existaient que dans les magazines et dans les films. Après le 1er confinement de la période Covid j’ai cherché une voiture de collection avec quelques travaux à faire pour laisser libre cours à ma passion de la mécanique. Je suis tombé « par hasard » sur une XJ-S qui semblait cocher toutes les cases : 3.6 6 en ligne, Boite manuelle, 1ère main, faiblement kilométrée, sans rouille, et avec quelques mentions en contre visite au CT. Seul hic elle était en Bretagne, ce qui fait un peu de chemin depuis la capitale.

Comme je suis joueur je me suis dit que j’allais la ramener par la route. J’en informe ma femme qui n’en pouvait plus de rester à la maison pour cause de confinement. Elle voulait m’accompagner pour passer le week-end en Bretagne. Malgré le risque de revenir en dépanneuse elle est restée partante.

L’histoire de cette voiture est belle et un peu triste sur la fin. Elle est vendue par la femme de son propriétaire suite à son décès quelques années auparavant. Elle se résout à la vendre car cette voiture n’est pas particulièrement pratique pour une dame de 80 ans et en plus elle demande à rouler régulièrement pour rester en bonne santé. Elle nous raconte que lorsque son mari a touché son 1er salaire au début de sa carrière il a dit qu’il s’agissait du 1er écrou de sa Jaguar. Cette voiture fut donc l’accomplissement de sa vie. Il l’a achetée neuve en 1988 en remplacement de son Alfa Romeo Montréal. Sa femme et lui étant décorateurs pour le cinéma ils ont apportés leurs touches personnelles que j’ai décidé de conserver car cela fait partie de l’histoire de la voiture : leurs initiales sur les ailes avants, le leaper sur le capot et des lignes sur les boiseries intérieures. Mais cette voiture ne roule plus et n’est plus entretenue régulièrement et sérieusement et cela commence à produire quelques effets.

Arrivé sur place la belle m’a vraiment subjugué au 1er regard : je n’avais pas les proportions de la voiture réelle en tête. Elle est nettement plus basse et plus longue que je l’imaginais et le capot fait quasiment la moitié de la voiture : magnifique!!!

Je fais le tour de la voiture, j’ouvre le coffre et j’aperçois un moteur de lève vitre. Je vois que la vitre passager est ouverte : le week-end commence bien !!!

Je m’installe au volant et je suis étouffé par une odeur d’essence comme si j’avais le nez dans le réservoir. Ce n’était pas prévu au programme non plus.

Allez en route !!!

La jauge indique que le réservoir est vide donc direction la 1ère station service. Je m’arrête au 1er stop. Je sais par le CT qu’un frein avant est grippé desserré donc elle freine très mal mais je ne suis pas surpris. Il va falloir tout anticiper pour ne pas se faire surprendre. La station n’est qu’à 300m et pourtant arrivé là bas la jauge de température moteur indique déjà que je suis dans le rouge. Je me dis que le calorstat est bloqué fermé mais après réflexion je me dis que cela n’est pas possible que le bloc ne monte en température aussi vite et donc je considère que la jauge de température d’eau déconne. Je fais le plein d’environ 40L et je constate donc que la jauge à essence déconne aussi.

La bonne nouvelle c’est que la vitre passager se ferme et que la vitre en panne est la vitre conducteur qui est bloquée fermée.

Le week end avec la Jaguar se passe plutôt bien même s’il faut aussi s’adapter à l’absence de frein à main signalé par le CT. Pas grave je me gare systématiquement en prise.

Sur l’autoroute du retour je constate qu’elle tire méchamment à droite et que le volant est à 20° en ligne droite (en compensant le tirage).

Sur un ralentissement un peu prononcé je me fais une bonne frayeur. En freinant au maximum avec un seul étrier je suis embarqué à droite lors du freinage. Le réflexe naturel est de compenser avec le volant donc ce n’est pas trop grave. Par contre au moment où on relâche le frein avec le volant tourné on se retrouve quasiment dans le rail de sécurité. Je louvoie et je reste sur la route. Il ne faut vraiment pas relâcher mon attention avec cette voiture.

Arrivé à bon port je programme les interventions permettant de passer la contre visite. Je commence par m’acheter des outils en dimensions impériales puis je m’attaque en 1er au changement de l’étrier avant gauche qui est grippé. Pas de problème pour le démonter car il est grippé desserré. J’en profite pour vider et nettoyer le circuit de freinage qui est plein de noir. Je remplace aussi les durites de freins avant qui ont l’age de la voiture.

Je démonte les garnitures de frein à main (sans tomber le train arrière !!!) et constate qu’il n’y a plus de garniture. Je pense que la voiture a roulé avec le frein à main non enlevé car le levier étant à gauche du siège conducteur il est en position basse même lorsque le frein est serré. Je les change et je trouve que ça ne freine toujours pas terrible même en forçant au maximum : ça risque de ne pas passer le CT. Je fais quelques freinage au frein à main et je finit par désagréger mes plaquettes neuves. J’avais mal remonté un axe car cela se fait en aveugle. Nouveau changement et maintenant ça freine correctement.

Je change le filtre à air, les bougies, je fais la vidange et le filtre à huile et hop le CT est validé.

Ensuite je change le liquide de refroidissement ainsi que les durites et le calorstat avant de m’intéresser à cette histoire de température d’eau. Je commande un nouveau capteur de température qui ne change rien.

En fait c’est un problème de mauvaise masse dans le combiné. Donc je démonte le combiné et passe tous les contacts à la dremel et je remonte avec de la graisse cuivrée. J’en profite pour remplacer toutes les ampoules par des LED qui chauffent beaucoup moins. Le problème de température d’eau est réglé mais le niveau d’essence est toujours à la moitié avec le plein fait.

Je démonte le réservoir d’essence avec sa jauge et j’en profite pour lui faire une électrolyse afin d’enlever la rouille qui peut s’y trouver. Ensuite je lui fais un zingage électrolytique pour le protéger. La jauge est désossée, passée à la dremel pour nettoyer les contacts et le flotteur en plastique qui finit par être poreux est reste à mi réservoir est remplacé par un flotteur en cuivre qui ne posera plus de problème dans le futur. Tant que le réservoir est déposé je supprime le rivet qui maintient le faisceau sous caisse et qui est situé sous le réservoir. Une fois que la mousse isolante est tassée le rivet perce le réservoir. Je remplace toutes les durites d’essence qui sont dans le coffre par des durites Gates Barricade achetées aux US ce qui règle le problème des odeurs d’essence lié aux durites devenues poreuses avec le temps.

J’ai refait également les injecteurs même s’ils ne posaient pas de problème : ça ne peut pas faire de mal.

La centralisation (à la clef) des portes ne fonctionnait pas. En étudiant le circuit électrique j’ai mis cela sur les compte des condensateurs qui avaient du perdre en capacité avec l’âge. Une fois démontés ceux-ci se sont avérés être toujours a peu près à la bonne valeur. En creusant un peu plus j’ai découvert un fil rajouté qui ne faisait pas partie du schéma électrique. Celui-ci était manifestement en lien avec l’alarme texalarm qui avait probablement une fonction centralisation avec plip. J’ai donc démonté cette alarme qui de toutes façons ne fonctionnait plus pour éviter de me retrouver avec une panne de démarrage et j’ai ajouté un boitier au circuit de centralisation sans modification du faisceau de la voiture afin d’avoir un plip d’ouverture/fermeture des portes.

Les 5 pneus dont 2 étaient d’origine (3 avec la roue de secours) sont remplacés par des Dunlop tout neufs.

Je lui fait un réglage du parallélisme et un recentrage du volant sur le milieu de la crémaillère et elle se met à rouler droit avec le volant dans la bonne position. Le train avant avait de l’ouverture au lieu d’avoir de la pince ce qui générait tous ces problèmes.

Reste une vibration étrange dans les virage à gauche et les ronds-points que je fini par diagnostiquer : le ventilateur touche le déflecteur dans les virages car le moteur bouge.

Je change donc les 3 supports moteurs. Les 2 supports avant étaient en bon état et avaient probablement déjà été changés mais le support de boite était désintégré. Son remplacement a réglé ce vilain bruit et maintenant le comportement de la voiture est remarquable.

L’huile de boite et de pont sont changées préventivement.

L’intérieur est nettoyé et les cuirs sont hydratés.

Je change l’autoradio d’origine par un Alpine d’époque qui pilote un chargeur CD. Je monte un boitier bluetooth en lieu et place du chargeur CD de manière a avoir le son qui vient de mon téléphone + le kit main libre avec un aspect d’époque.

Les haut-parleurs sont également changés.

Le seul point de corrosion sur la carrosserie est heureusement superficiel. Je le gratte à la dremel, le traite à l’acide phosphorique puis je fais une retouche de peinture avec de l’apprêt phosphatant pour éviter que cela ne revienne.

Le moteur de lève vitre électrique étant un point faible de la voiture, je le remplace par un moteur de série 1 qui est nettement plus robuste.

Le joint de l’antenne radio se désagrège avec l’âge et il est remplacé par un neuf que j’ai eu du mal à trouver.

Les vérins de capot sont morts il faut les remplacer car le balai n’est pas très classe sur une Jaguar

Le compresseur de clim est déposé, démonté et ses joints sont remplacés. Tous les joints du circuit de clim sont remplacés et elle ne fait toujours pas de froid. Reste le détendeur qui est remplacé et le miracle s’accomplit : la clim fait enfin du froid.

Le réglage des rétroviseurs électriques est inopérant. Un démontage et une réfection des contacts internes règle le problème.

Je lui offre une petite coquetterie : des essuie glaces goodyear

Une fois terminée, il me reste à profiter de la belle. On est dans un monde d’automobile d’exception à n’en pas douter : sa conception date des années 70 avec des éléments repris de la type E et pourtant tout est feutré, les matériaux sont de très belle facture et le cuir du volant a le meilleur touché que j’ai jamais rencontré. Le moteur est vigoureux et fait un bruit qui s’apparente plutôt à un souffle exempt de vibrations. La position de conduite est particulièrement agréable mais on est assis très bas avec les jambes allongées.

Les seul points noirs de cette voiture sont la visibilté arrière assez mauvaise et les angles morts très importants. Mieux vaut se retourner avant tout changement de file car on ne peut clairement pas voir une voiture arriver de l’arrière et encore moins un 2 roues.

C’est incroyable comme les gens la regardent passer dans la rue et ont des signes de sympathie, ce qui est plutôt à contre courant des réactions habituelles envers les véhicules modernes.

Je vais maintenant me consacrer à mon nouveau projet que vous pourrez suivre sur mon site ici : une corvette C4 sortie de grange à redémarrer. J’espère donc lui trouver un nouveau propriétaire qui saura la bichonner et la faire rouler régulièrement afin que cette remise à niveau puisse lui apporter un maximum de plaisir.

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